Il existe de nombreux liens entre la population du Croissant d’Or et l’opium.
Tout d’abord, il faut savoir que la culture de l’opium est beaucoup plus rentable pour les producteurs que la culture de céréales, car elle est plus résistante aux intempéries et son prix de vente est plus élevé. De plus, la culture de l’opium est une tradition dans cette région car les Afghans sont devenus les principaux producteurs mondiaux. Malgré l‘illégalité de ce commerce (depuis 1970), les paysans produisent de l’opium en grande quantité, c’est pourquoi les Etats du Croissant d’Or ont des difficultés à renverser la tendance. La reconversion des populations, de l’opium aux céréales, qui a commencée le 3 mars 2010, eut une mise en place longue et délicate. Cette culture se transmettant de génération en génération ralentit ce processus de reconversion. Ainsi le père produit et demande de l’aide à ses fils, qui, n’ayant appris que ça, feront comme leur père, puis quand ils auront leur propre champ, ils demanderont eux aussi l’aide de leurs enfants.
Il existe également un rapport paru en 1976 qui nous apprend que de nombreux toxicomanes se rendent dans des hôpitaux, dans lesquels ils ne sont pas tous acceptés. On remarque aussi que les hôpitaux publics ne possèdent pas de services spécialisés pour la désintoxication. On constate un mauvais encadrement de la part des services publics, c‘est pour cela que les opiomanes font des rechutes fréquentes .
Néanmoins, les actions de l’Etat tendent à modifier ce cycle culturel. La conséquence majeure est l’important flux migratoire entre les différents pays : de l’Iran vers le Pakistan, de l’Afghanistan vers le Pakistan, puis vers les pays extérieurs au Croissant d’Or. De plus, les différents gouvernements donnent des primes aux policiers pour les inciter à arrêter les trafiquants, ce qui augmente la volonté des paysans de se déplacer, puisque leur seule ressource est de plus en plus difficile à maintenir.
Mais les restrictions mises en place par l’Etat engendrent aussi des effets positifs, comme la régression du nombre d’opiomanes, surtout en Iran qui, en plus d’être une plaque tournante vers l’Ouest, est aussi un grand consommateur d'opium. Alors qu’une grande partie de la production part vers l’étranger, il en reste 40% en Iran pour la consommation locale. depuis 2007 on constate une diminution de la production, et donc une baisse du nombre de consommateurs dans les pays du Croissant d’Or.